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les echecs

Les échecs (prononcé : /e.k/), ou le jeu d'échecs, sont un jeu de société opposant deux joueurs de part et d'autre d'un tablier appelé « échiquier » constitué par un quadrillage carré de 8 x 8 = 64 cases, alternativement blanches et noires. Sur trente-deux cases sont disposées au début de la partie des figurines, appelées pièces, représentant deux armées ennemies. Les adversaires jouent à tour de rôle en déplaçant de case en case l'une de leurs pièces, selon des règles de marche propres à la nature de cette dernière. Un tel déplacement est obligatoire et peut consister en une capture, c'est-à-dire un coup où la pièce termine sur une case occupée par une pièce adverse, qui est alors retirée du jeu. Chaque camp possède un roi, dont la capture doit impérativement être évitée, aboutissant sinon à la perte de la partie. Le but du jeu est de rendre malgré tout cette capture imparable, infligeant ainsi à son adversaire ce qu'on appelle un échec et mat, ce qui est un coup décisif (victoire du camp qui a menacé le roi adverse).
Le jeu a été introduit dans le sud de l'Europe à partir du Xe siècle par les Arabes, mais on ignore où il fut inventé exactement. Il dérive du shatranj, qui lui-même est la version perse du chaturanga de l'Inde classique. Les règles actuelles se fixent à partir de la fin du XVe siècle.
La compétition aux échecs existe depuis les origines. On en trouverait trace à la cour d'Hâroun ar-Rachîd au VIIIe siècle[1]. Le premier tournoi de l'ère moderne a lieu à Londres lors de l'Exposition universelle de 1851. La compétition est régie par la Fédération internationale des échecs (FIDE), qui publie notamment le classement Elo officiel des joueurs. Parallèlement, l'Association of Chess Professionals défend les intérêts des joueurs professionnels. Le premier champion du monde d'échecs est Wilhelm Steinitz en 1886 ; le champion en titre est l'Indien Dommaraju Gukesh depuis décembre 2024.
Aujourd'hui les programmes informatiques d'échecs sont incomparablement meilleurs que les joueurs humains.

Étymologie

Le terme échecs vient du persan شاه šâh signifiant « le roi » qui a donné Chess en anglais, Schach en allemand ou l’expression échec et mat. L’emploi du pluriel fait référence aux diverses pièces du jeu[2].

Histoire

Article détaillé : Histoire du jeu d'échecs.

Légendes

Mythe du brahmane Sissa

Articles détaillés : Légende de Sissa et Problème de l'échiquier de Sissa.

Enluminure, Liber de Moribus, vers 1300.
La légende la plus célèbre sur l'origine du jeu d'échecs[G 1] est due aux Perses. Elle raconte l'histoire d'un roi légendaire des Indes (suivant les versions, le roi s'appelle Balhait/Balhit ou Shahram/Shirham[3]) qui cherchait à tout prix à tromper son ennui. Il promit donc une récompense exceptionnelle à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait. Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui présenta le jeu d'échecs, le souverain, enthousiaste, demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire. Humblement, Sissa demanda au prince de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l'échiquier en doublant la quantité de grain à chaque case. Le prince accorda immédiatement cette récompense en apparence modeste, mais son conseiller lui expliqua qu'il venait de signer la mort du royaume car les récoltes de l'année ne suffiraient à s'acquitter du prix du jeu. En effet, sur la dernière case de l'échiquier, il faudrait déposer 263 graines, soit plus de neuf milliards de milliards de grains (9 223 372 036 854 775 808 grains précisément), et y ajouter le total des grains déposés sur les cases précédentes, ce qui fait un total de 264−1 = 18 446 744 073 709 551 615 grains, soit environ 4,10 × 1011 tonnes de riz décortiqué[4].
Des variantes de cette légende existent, l'une suggérant que le roi accepta à condition que le sage compte les grains lui-même, une autre affirmant que Sissa eut la tête tranchée pour une telle effronterie. Certaines versions disent que Sissa ne demanda rien en échange mais, que le roi insistant, Sissa aurait alors décidé de se moquer du roi en lui demandant une récompense que ce dernier ne pourrait donner.

Légende grecque

Une autre légende, datant du Moyen Âge, place l'invention du jeu durant la guerre de Troie. Palamède, l'un des héros grecs, aurait inventé le jeu pour remonter le moral des troupes durant le siège de Troie[5], de même que d'autres jeux : « Les Grecs lui attribuaient [à Palamède] l'invention de plusieurs lettres de leur alphabet, de la monnaie, des dés, des osselets et du "jeu d'échecs" (sic) »[6],[7],[8]. C'est l'origine du nom Le Palamède, première revue échiquéenne. Cette légende est née d'une traduction erronée du mot grec πεττεία / petteía, un terme désignant un jeu de plateau différent des échecs, l'équivalent du senet égyptien[9], ancêtre probable du Tablut ou « jeu des cinq lignes »[10], parfois traduit - à tort - par « dames »[11] ou « échecs »[12].

Légende latine

Selon une autre légende, inventée par le poète anglais William Jones en 1763 dans un poème en latin, Euphron (frère de Vénus et dieu des sports) aurait créé les échecs pour aider Mars à séduire la belle Caïssa[13]. Cette dernière est parfois considérée comme la déesse des échecs.

Hypothèses historiques d'une origine orientale


Un juif et un musulman jouant aux échecs (extrait du Libro de los juegos, manuscrit du XIIIe siècle réalisé à la demande du roi Alphonse X de Castille).
La rencontre des Arabes avec ce jeu, au début du Moyen Âge, en Perse, est fort bien documentée[14]. Les premiers livres traitant des échecs remontent à l'époque arabe, avec notamment certains des textes compilés dans le Kitab-al-Fihrist d'Ibn al-Nadim à la fin du Xe siècle[15]. Les Arabes s'y adonnent avec passion et propagent sa pratique au fil de leurs conquêtes. Vers l'ouest, le jeu traverse le Maghreb et la Méditerranée pour parvenir à l'Espagne musulmane et atteindre l'Occident chrétien à la fin du Xe siècle[16].

Jeu de chatrang perse du XIIe siècle.
Avant le Moyen Âge, plusieurs anciens jeux de plateau de stratégie partageaient un ensemble de traits les apparentant au jeu d'échecs, comme notamment le chaturanga indien, le shatranj persan, le shatranj arabe, le shatar mongol, le sit-tu-yin birman, le makruk thaï ou cambodgien, le catur malais, le xiangqi chinois ou vietnamien, le janggi coréen ou encore le shōgi japonais. Cependant, il n'existe aucun témoignage direct et sans équivoque établissant la piste d'un supposé ancêtre commun des échecs.
Si la naissance même du jeu reste encore obscure et controversée[17], on peut au moins affirmer que les échecs sont un jeu asiatique. Trois ensembles géographiques posent leur candidature au titre de berceau du roi des jeux :

L'attribution de la genèse du jeu d'échecs à l'Inde est généralement l'hypothèse la plus envisagée. En effet, les premiers textes persans et arabes affirment que les échecs sont venus d'Inde. Cependant, les traces historiques prouvant cette origine manquent.
L'Asie centrale iranienne, au contraire, reste la terre des premiers témoignages comme des plus anciennes trouvailles archéologiques. Enfin, la Chine revendique aussi l'origine de ce jeu et, s'il est vrai que les premiers témoignages confirmés sont tardifs en Chine, il existe des sources, certes floues mais dépassant en ancienneté les sources perses ou sanscrites (qui datent de l'époque 600 à 650 apr. J.-C.).
Dans l'état actuel des connaissances, il est difficile de trancher.
Une autre croyance très répandue est l'idée que les premiers échecs auraient été inventés (dans ce cas, en Inde) sous la forme d'un jeu se jouant à quatre joueurs et avec l'aide de dés. Vers l'an 600, des Indiens ou des Perses auraient éliminé les dés et regroupé les camps pour n'en faire que deux. Cette hypothèse est très certainement fausse: la plus ancienne mention connue du jeu à quatre date de 1030, soit quatre siècles après la mention du jeu à deux. Toutes ces informations poussent à penser que ce chaturanga à quatre, appelé « chaturaji », constitue une variante du chaturanga ou shatranj à deux et non le contraire[18].
Le mot sanskrit « chaturanga », qui a donné chatrang en pehlevi (moyen persan), signifie quatre membres et désignait à l'origine l'armée épique indienne, avec infanterie, cavalerie, éléphanterie et chars de combat. Ces pièces, avec un roi et son conseiller (ministre ou général), formaient à l'origine l'ensemble des pièces du jeu, très semblables à celui d'aujourd'hui. Chaque joueur maniait 16 pièces sur un tablier de 64 cases, de couleur unique.

L'unification des variantes au Moyen Âge


Marocains jouant aux échecs

(Eugène Delacroix, 1847-1848,
National Gallery of Scotland)[19].
Lorsque les Arabes envahissent la Perse, ils l'adoptent sous le nom de shatranj. Dans son Kuzari (en arabe), le rabbin poète Juda Halevi en parle sous le terme arabe shtaranj. Dans sa traduction hébraïque du Kuzari, le rabbin linguiste Juda ibn Tibbon traduit par « le jeu des échecs », et ajoute « appelé shtaranj en arabe »[20].
Les échecs connaissent alors un développement remarquable, se répandant en suivant les conquêtes de l'islam. C'est au cours des IXe et Xe siècles qu'apparaissent les premiers champions et les premiers traités.
On retrouve alors :

  • le roi (Shâh, c'est lui qui donne son nom au jeu), qui se déplace d'un pas dans toutes les directions ;
  • le conseiller (Farzin ou vizir), dont le mouvement est limité à une seule case en diagonale ;
  • l'éléphant (Fil, cf. sanskrit pīlu qui donnera « fou »), avec un déplacement correspondant à un saut de deux cases en diagonale ;
  • le cheval (Faras), identique au cavalier moderne ;
  • le char (Roukh), identique à la tour actuelle ;
  • le soldat (Baidaq, cf. sanskrit padāti : piéton, fantassin), l'équivalent du pion, mais dépourvu du double pas initial.

Le Roukh était parfois représenté comme un char de guerre. Les Arabes y voyaient un général commandant l'armée, mais son sens littéral reste obscur. Il semble que, pour les Arabes, ce mot n'avait pas d'autre sens que celui de désigner cette pièce au Shatranj, un peu comme le mot rook pour les anglophones aujourd'hui. Le lien étymologique avec le sanskrit ratha : char est peu évident.

Arrivée en Europe et évolution


Pièce d'échecs, XIIe siècle.
Les échecs arrivent sans doute en Europe peu avant l'an mil[G 2] , par l'Espagne musulmane ou par l'Italie du Sud (Sicile)[21].
Une légende a longtemps attribué un jeu d'échecs à Charlemagne, qui l'aurait reçu de la part du calife Hâroun ar-Rachîd. On pense aujourd'hui qu'il fut fabriqué postérieurement près de Salerne, à la fin du XIe siècle[22].
La plus ancienne mention du jeu d'échecs en Occident se retrouve dans le Versus de Scachis, un poème latin vraisemblablement composé entre 900 et 950 dans le Nord de l'Italie[23]. En 1010, un testament du comte d'Urgel, en Catalogne, le mentionne. De nombreuses pièces d'échecs ont été retrouvées lors de fouilles sur le site des chevaliers-paysans du lac de Paladru (Isère), site qui a été abandonné au plus tard en 1040. Le Libro de los juegos, écrit en Espagne entre 1251 et 1283 et illustré de nombreuses miniatures, expose les règles du jeu au XIIIe siècle.

Problème d'échecs no 35 du Libro de los juegos, manuscrit du XIIIe siècle réalisé à la demande du roi Alphonse X de Castille).
Dès son arrivée dans la chrétienté, l'échiquier et les pièces s'occidentalisent progressivement[G 3] :

  • le plateau devient bicolore avec les cases rouges et noires (qui deviendront plus tard blanches et noires) ;
  • le vizir devient fierge (ou vierge), puis dame ;
  • l'éléphant (al fil en arabe, qui reste alfil en espagnol aujourd'hui) devient aufin, puis fou (bishop : évêque en anglais) ;
  • le roukh arabe devient roc (ce nom donnera rook en anglais, le verbe « roquer » en français et désignera la tour d'échecs en héraldique), puis tour vers la fin du XVIIe siècle (les tours de guet étant souvent placées en hauteur).

Dans certaines régions d'Europe, le double pas initial du pion est pratiqué. Certaines règles permettent au roi ou à la dame d'effectuer un saut à deux cases (sans prise) à leur premier mouvement. Ceci constitue la différence principale avec les règles du Shatranj des pays musulmans[24]. Mais l'évolution la plus importante a lieu à la fin du Moyen Âge, après 1470, en Espagne ou en Italie, lorsque les mouvements limités de la dame et du fou sont remplacés par ceux que nous connaissons actuellement[24].

Manuscrit (c.1320).
Les joueurs de cette époque nomment ces nouvelles règles : « eschés de la dame » ou « jeu de la dame enragée »[25].
Les plus anciens manuscrits conservés relatifs à ces évolutions sont le manuscrit de Göttingen et le Scachs d'amor. Le premier traité imprimé reflétant ces innovations est généralement attribué à Francesc Vicent, publié en 1495 à Valence, mais il est aujourd'hui perdu. Le deuxième, attribué à Luis Ramirez Lucena, nous est parvenu.
Pour parer aux effets dévastateurs des pièces aux pouvoirs renforcés, le roque est inventé vers 1560 et, progressivement, il remplace le saut initial du roi ou de la dame qui deviennent obsolètes[24]. On peut considérer que les règles du jeu moderne sont à peu près établies vers 1650. La stabilisation des règles en Europe donne naissance à une littérature théorique très riche et on observe notamment l'élaboration des premiers systèmes d'ouverture.
À la fin du XVIIIe siècle, le jeu est très en vogue à Paris ; son temple est le café de la Régence, près du Palais-Royal. Les meilleurs joueurs de l'époque s'y rencontrent, parmi lesquels Kermur de Legal et François-André Danican Philidor. Ce dernier publie en 1749 L'Analyse du jeu des échecs, qui est le premier traité donnant une analyse théorique et rationnelle du jeu.

Époque moderne


Joueurs d'échecs, Honoré Daumier, 1863-1867 (Paris, Petit Palais).
De nos jours, l'aspect physique des pièces le plus courant reste le style « Staunton », qui date de 1850. C'est également durant la seconde moitié du XIXe siècle qu'émergent les échecs modernes. Les premières compétitions internationales ont lieu et les progrès théoriques de l'art de la défense mettent un terme à l'ère romantique.
Au XXe siècle, l'URSS assure une promotion très active du jeu d'échecs, le considérant comme un excellent outil de formation intellectuelle[G 4]. C'est, en outre, une vitrine de la formation intellectuelle soviétique, qui leur permet de dominer une discipline prestigieuse.
En 1924 est fondée la fédération internationale des échecs (FIDE), qui organise des championnats du monde à partir de 1948.
Durant la guerre froide, l'émergence de Bobby Fischer[G 5], premier Occidental à défier les Soviétiques au plus haut niveau, puis de Viktor Kortchnoï[G 6], dissident soviétique se qualifiant deux fois en finale du championnat du monde, donnent à cette compétition une véritable dimension politique. Plus tard, les tensions entre conservateurs russes et partisans de la perestroïka se cristalliseront autour de l'affrontement entre Anatoli Karpov et Garry Kasparov.

Un jeu d'échecs électronique Tandy 1650 de 1985.
À la fin du XXe siècle, la confusion concernant le titre de champion du monde amène l'attention médiatique à se concentrer sur l'opposition entre l'humain et la machine, comme en témoigne le retentissement médiatique des matchs entre Kasparov et Deep Blue[26]. Au même moment, les femmes font leur apparition au plus haut niveau dans un domaine qui a longtemps été la chasse gardée des hommes. Ainsi, en avril 2003, Judit Polgár est la première femme à figurer parmi les meilleurs joueurs mondiaux du classement de la Fédération internationale des échecs[27].
Depuis janvier 2000, les échecs sont devenus, en France, un sport reconnu par le ministère de la Jeunesse et des Sports[28]. De nombreuses compétitions sportives sont organisées dans le monde entier. Depuis le début de l'année 2008, l'entrée de ce sport aux Jeux olympiques est discutée[29].
L'actuel champion du monde est l'Indien Gukesh Dommaraju, qui a succédé au Chinois Ding Liren le 12 décembre 2024 lors de la finale du championnat du monde ayant opposé ces deux joueurs[30].

Introduction des échecs dans le cursus scolaire

  • e
    f
    g
    h

    8

    croix noire sur case noire d8
    Roi noir sur case blanche e8
    croix noire sur case noire f8
    croix noire sur case blanche d7
    croix noire sur case noire e7
    croix noire sur case blanche f7
    croix noire sur case blanche e4
    croix noire sur case noire f4
    croix noire sur case blanche g4
    croix noire sur case noire e3
    Roi blanc sur case blanche f3
    croix noire sur case noire g3
    croix noire sur case blanche e2
    croix noire sur case noire f2
    croix noire sur case blanche g2